Jeudi 21 juillet 2011
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14:15
5 mois plus tard, j’en suis toujours au même point. Ne serait-ce d’ailleurs pas pire qu’au
début ?
C’est vrai, la peine est sensée s’atténuer avec le temps, j’ai l’impression que la mienne
s’empire, que le manque s’intensifie, que les pleurs se rapprochent. Mais alors que faire ?
J’y pense encore, jours et nuits. D’ailleurs, c’est la nuit que c’est le plus difficile, puisque
je n’ai aucune emprise sur les images qui me traversent l’esprit. Le jour, je continue à essayer de rationaliser, mais la nuit, plus aucune raison ne tient.
Il me manque, je le ressens dans tous les pores de ma peau. Je n’arrive même pas à comprendre
comment cela peut être possible. Un seul être humain, composé de chairs et de sang. A cause d’une personnalité un peu différence, devenu indispensable à ma vie, si bien qu’aujourd’hui, je me sens
comme une droguée qui n’a jamais vraiment su se défaire du plaisir qu’elle retirait de sa drogue.
Il y a encore quelques semaines, je pouvais me faire violence et penser que je faisais le bon
choix en ne répondant pas à ses messages, mais dernièrement, je n’ai plus aucune violence à me faire puisqu’il n’y a plus aucune tentative de sa part. Et c’est sûrement ce qui fait partie du
problème. C’est plus facile quand il ne m’oublie pas.
J’ai bien conscience que ce n’est pas le cas, et qu’il doit penser à moi aussi souvent que je
pense à lui… sur la route, au resto, au supermarché, devant la télé. Nous avons tellement de souvenirs, et de délires sur des choses aussi banales qu’un fruit ou une éponge.
J’en arrive à me renfermer, je n’ai même plus envie de me sortir de cet état dépressif ponctuel.
Oui, parce que, parfois, ça va plutôt bien, ne voyons pas tout en noir. Mais même quand c’est le cas, il reste ce manque, celui de ne pas lui faire partager ce qui se passe dans ma vie. Ca me
ferait tellement de bien de pouvoir le voir se réjouir avec moi.
J’ai perdu son odeur, et c’est une étape, évidemment. Plus rien en sent lui, plus un seul recoin
de cette peluche qu’il m’a donnée, je l’ai même reniflée tout au creux des oreilles… J’ai même du mal à m’en souvenir et ça me rend triste.
Puis me viennent les pensées… Et si plus jamais ne n’étais amoureuse, puisque j’ai trop
d’attentes, puisque j’ai trop d’exigences, puisque toujours je vais comparer. Et si plus jamais je ne retrouvais les moments de bonheur que je pouvais connaître entre les moments de tristesse
qu’il faut que je garde toujours à l’esprit d’ailleurs. D’ailleurs, ai-je envie de remplacer tous ces souvenirs par des nouveaux ? Je n’en suis même pas convaincue pour le moment. J’ai juste
envie de pleurer sur mon sort, mais ce que j’ai surtout envie c’est de pleurer près de lui. Mes amies ne sont d’aucune aide, je ne me laisse pas aller de toute façon… Mon canapé est peu réceptif
à mes pleurs et mes mouchoirs ne sont que des témoins éphémères de ma tristesse. S’il était là, je me blottirai dans ses bras, comme la dernière fois. Et même si tout est de sa faute, aussi
paradoxal que ça puisse être, c’est de son réconfort que j’ai besoin.
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